60ans roger boute 036Une commémoration en hommage à Roger Boute

Samedi 11 février 2017, l’hommage à Roger Boute a rassemblé de nombreux habitants du Nouveau Monde et de La Gorgue. 60 ans plus tard, les plus anciens sont encore marqués par les funérailles de ce jeune appelé, dont les parents étaient agriculteurs, rue de la Lys.

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Mort pour la France à 23 ans

Roger Boute était âgé de 23 ans, il était soldat de première classe au 226ème Bataillon d’Infanterie en Algérie. Comme bon nombre de jeunes de sa génération, il était un appelé du contingent. Le 5 janvier 1957, en tête de convoi au volant d’une jeep, il tombe dans une embuscade à Aïn Ograb, près de Bou Saada et perd la vie en empêchant l’ennemi de s’emparer d’un fusil-mitrailleur.

De nombreux anciens combattants d’Afrique du Nord, de La Gorgue-Estaires et des environs, aujourd’hui âgés de plus de 75 ans, étaient d’ailleurs présents à cette cérémonie, un devoir de mémoire envers un frère d’armes, mais aussi un symbole de paix pour les jeunes générations.

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Une stèle Résidence Roger Boute

Précédé de huit porte-drapeaux et de l’harmonie municipale, le cortège s’est rendu au Pavé de Laventie, dans la résidence qui porte le nom de Roger Boute. Aux côtés de Rémy Barbry, président de l’Union Nationale des Combattants La Gorgue-Estaires, et de Jean-Pierre Boute, frère cadet de Roger Boute, Philippe Mahieu a dévoilé la stèle et la plaque commémorative, au son de « La Marseillaise », puis de la « Sonnerie aux Morts » qui a également retentit au cimetière du hameau, devant la tombe où des gerbes tricolores ont été déposées par des enfants.

Devoir de mémoire

Si Rémi Barbry n’a pas connu le jeune gorguillon, il se souvient que la mort de Roger Boute avait frappé les esprits, notamment de ses parents : « surtout qu’un an plus tard je devais partir accomplir mon service militaire » a indiqué le président de l’UNC avant d’ajouter avec émotion: « mais aujourd’hui je voudrais dire à Roger combien je suis outré d’entendre par la voix de nos élus nationaux les repentance envers ce pays qui a qui on a tant donné. Mais jamais de repentance envers les familles dont les enfants furent envoyés de l’autre côté de la Méditerranée. Jamais de repentance envers les familles dont les enfants, comme Roger, ne sont jamais revenus. Oui Roger, ton courage et ta bravoure pour défendre et préserver le bien militaire t’ont coûté la vie et avec du recul pour quel résultat obtenu ? ». Il a souhaité que la jeune génération se souvienne des sacrifices endurés pour la Patrie.

Philippe Mahieu a remercié l’assistance pour sa présence nombreuse à cette commémoration, avant d’évoquer la vie de Roger Boute et de sa famille, à une centaine de mètres de la salle polyvalente du Nouveau Monde. Le maire a ensuite rappelé le début de ce conflit en 1954, les classes d’appelés qui effectuent 18 à 26 mois sous les drapeaux, les gouvernements qui se succèdent et un conflit qui s’enlise pour se terminer par les Accords d’Evian en 1962. Puis en se tournant vers Jean-Pierre Boute, il a rendu hommage au soldat Roger Boute, jeune appelé du contingent qui n’a fait qu’obéir aux ordres de sa hiérarchie, fidèle au drapeau tricolore.

À travers cette commémoration, La Gorgue a rendu hommage à l’un de ses fils, mais aussi à Roger Auguet, Jean Becuwe et Pierre Lanciaux, également tombés en Afrique du Nord et dont les noms sont gravés sur le monument aux morts de La Gorgue.